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  • Les Fantômes de Shearwater : quand le froid devient vivant

    Les Fantômes de Shearwater : quand le froid devient vivant

    Vent, vagues, île déserte au large de l’Antarctique. Nulle part, personne. Un vieux phare. Une base scientifique abandonnée qui conserve des semences. Un père hargneux, seul avec trois enfants. Les jours coulent, pleins de vide et pourtant d’une beauté sans fin : phoques, albatros, manchots, une mer cristal grouillante de créatures bigarrées, l’océan puissant qui grignote l’île jour après jour.

    La monotonie vole en éclats quand la famille solitaire découvre une femme inconnue. Ils la raniment, la soignent, prennent soin d’elle. Mais son arrivée réveille les spectres de l’île, qui sortent de leurs tanières obscures pour hanter les vivants. Un engrenage infernal mène à une incandescence glacée, embrasant l’île et ses rares habitants. Les fantômes éveillés dévoilent des secrets noirs, des histoires inachevées, et précipitent nos héros dans l’abîme d’un monde qui sombre.

    Avec « Les Fantômes de Shearwater », Charlotte McConaghy signe un thriller virtuose, à mi-chemin entre film « The Lighthouse » (lui-même nourri par la nouvelle inachevée de Poe et les légendes de marins), « Shining » de Stephen King et la conscience écologique d’un Richard Powers. Si vous aimez le froid qui glace les os, l’angoisse sans issue et un final cataclysmique, ce roman est pour vous.

    Australienne, née en 1979, Charlotte McConaghy s’est imposée comme une voix unique de la littérature climatique et psychologique. Ses romans « Migrations » (2020) et « Je pleure encore la beauté du monde »  (2021) – tous deux traduits en français chez Actes Sud – mêlent une prose sensorielle, des personnages fracturés et une urgence écologique palpable. Avec « Les Fantômes de Shearwater », elle pousse plus loin l’exploration : celle de l’isolement, de la folie qui couve dans le silence blanc, et de notre voracité d’humains face à un monde qui se dérobe.

    Si vous cherchez une lecture qui pulse, qui griffe et qui pense, courez chez votre libraire Chien Sur La Lune . « Les Fantômes de Shearwater » (traduit de l’anglais par Marie Chabin, Actes Sud) vous attend. Ne vous laissez pas bercer par les vagues : les fantômes, eux, ne dorment jamais.

  • La trêve de 1918 – 21 ans pour préparer l’apocalypse

    La trêve de 1918 – 21 ans pour préparer l’apocalypse

    Il s’est écoulé 81 ans depuis la fin de cet immense conflit mondial que certains historiens considèrent comme une guerre de 31 ans. Car l’armistice de 1918 n’était en réalité qu’une trêve, une simple pause. Vingt et une années offertes au Reich pour préparer sa revanche, cette fois infiniment supérieure sur les plans technologique et militaire.

    Partisans Grecs

    Cette période a également vu les manipulations éhontées des grandes puissances impérialistes, l’éclosion d’un capitalisme financier et industriel mondialisé. Le remodelage des frontières en Afrique, en Asie, selon le bon vouloir des conférences de Berlin, Paris, Londres — où l’on traçait des lignes droites sur des cartes, le cigare au bec, en dégustant de l’Armagnac raffiné, du Whiskey et du Champagne parfaitement frappé (il faut lire Lindqvist, Jacques R. Powels, Annie Lacroix-Riz, Éric Vuillard, Lénine, Gramsci, Jeffrey Roberts sur tous ces sujets), accompagnés de caviar de première qualité et de homard fraîchement cuisiné.

    Ouvrier communiste, poète arménien et martyr de la Résistance française, Missak Manouchian

    Les premiers véritables génocides, l’extermination des Héréros et de Dieu sait combien d’autres peuples sur le continent africain. La création des premiers camps de concentration par la grande et glorieuse couronne britannique — oui, oui, le végétarien moustachu d’Autriche n’a rien inventé, il n’a fait que perfectionner le vieux schéma impérial britanno-franco-hollandais de règlement de la question des « individus superflus ».

    Lepa Svetozara Radić (Лепа Светозара Радић ; 1925-1943) est une membre des partisans Yougoslaves exécutée à l’âge de 17 ans pour avoir tiré sur des soldats allemands pendant la II guerre mondiale

    Depuis « l’élection » de 1933 (élection qui n’en était pas une — il faut lire Johan Chapoutot et Éric Vuillard pour comprendre à quel point ce « fait » est un mythe absolu) du nabot moustachu, toute l’Europe « civilisée » ferme les yeux sur les exactions, le réarmement radical et fulgurant du Reich.

    L’Union soviétique devient un acteur incontournable, une puissance industrielle et humaine colossale, qui s’industrialise et s’instruit à la vitesse de l’éclair, rattrapant à une allure terrifiante ses rivaux impérialistes, et se préparant à la « guerre totale » — ils ne s’étaient pas trompés. La guerre à l’Est allait être quelque chose d’absolument inédit dans l’histoire humaine : la guerre d’anéantissement total. Entre 23 et 27 millions de citoyens et soldats soviétiques allaient perdre la vie. Mais aussi briser l’échine du nazisme, atteindre Berlin et planter le poignard dans le cœur de la bête.

    Aujourd’hui encore, peut-être plus que jamais, des puissants arrogants précipitent le monde dans un chaudron terrifiant. Cette fois, cela pourrait être la dernière guerre de l’humanité.

    C’est pourquoi il ne faut pas, aujourd’hui, oublier le sacrifice de la grande guerre du XXe siècle. Ces millions et millions d’innocents morts, du Japon à Londres, et tous ceux qui sont nés de ce grand mal. Nous n’avons pas le droit d’ignorer. Nous n’avons pas le droit d’oublier. Nous avons le devoir de nous souvenir et de savoir.

    Car celui qui oublie et néglige l’histoire est condamné à la revivre !

    Femmes sovietiques partisanes en Crimée 1944

    Venez donc dans votre librairie préférée renouveler votre savoir sur la Seconde Guerre mondiale, découvrir les fondations — positives et négatives — du monde dans lequel nous vivons. Plongez-vous dans les œuvres infiniment édificatrices de Remarque, Kertész, Malaparte, Primo Levi, Grossman, Aharon Appelfeld, Hilsenrath — et des historiens Annie Lacroix-Riz, Marc Bloch, Jeffrey Roberts, Éric Branca, Johan Chapoutot, et tant d’autres.

    Stalingrad

    Aujourd’hui et toute la semaine prochaine.

    Ouvrages mentionnes dans le texte disponibles à « Librairie Chien Sur La Lune »