C. A. Larmer »Le Crime De L’Indien Pacific « , ou le jeu avec les codes

J’aime les policiers noirs — très noirs — où l’hémoglobine coule à flots et où les salauds sont de vrais salauds.

Mais, parfois, il faut savoir lever le pied. Faire redescendre la pression. Alors je change de registre sans renier le mystère : j’ouvre un cosy murder.

Le crime, version feutrée

Le cosy murder, c’est l’exact opposé du polar nerveux.

Pas de tripes à l’air, à peine quelques gouttes de sang. Le crime est propre, presque élégant. On est plus près du thé au coin du feu que de la scène de crime sordide.

Les enquêtes sont menées par des amateurs éclairés — souvent des dames d’un certain âge, plus redoutables qu’elles n’en ont l’air.

L’archétype ? Les romans d’Agatha Christie avec Miss Marple. Et, bien sûr, un certain enquêteur belge à la moustache impeccable. À la télévision, difficile de ne pas penser à Inspecteur Barnaby. Ici, tout se joue dans l’observation et les petites cellules grises, pas dans l’adrénaline.

C. A. Larmer, ou le jeu avec les codes

Dans ce registre très balisé, certains auteurs s’amusent avec les règles.

C’est le cas de l’Australienne C. A. Larmer, avec sa série du Club des amateurs de romans policiers.

Son idée est simple et redoutablement efficace : chaque roman fait écho à un classique d’Agatha Christie. Les titres français ne s’en cachent d’ailleurs pas.

Le dernier en date, Le Crime de l’Indian Pacific, annonce clairement la couleur.

Huis clos sur rails

Cette fois, direction le sud de l’Australie. Les membres du club embarquent à bord de l’Indian Pacific, un train de luxe, pour quatre jours de traversée. Au programme : paysages grandioses… et enterrement de vie de jeune fille.

Évidemment, rien ne va se passer comme prévu.

Car avec ce club, c’est devenu une habitude : où qu’ils aillent, un mystère surgit. Et ils ne peuvent pas s’empêcher de s’en mêler.

Un train.

Des passagers aux comportements étranges.

Et soudain, une disparition.

Le parallèle avec Le Crime de l’Orient-Express est évident : unité de lieu, galerie de suspects, tension feutrée. Il n’en faut pas plus pour lancer la petite troupe sur les traces du disparu — au risque, une fois encore, de dépasser les limites.

Un des meilleurs de la série

Le sixième volume m’avait laissé un peu sur ma faim. Celui-ci m’a franchement réconcilié avec la série.

Rythmé, malin, parfaitement dans les codes tout en s’amusant avec eux, Le Crime de l’Indian Pacific est, à mon sens, l’un des meilleurs opus jusqu’à présent.

Comme quoi, même sans hémoglobine, un bon meurtre peut faire mouche.

Editions Le Cherche Midi

15€90


Sylvain Halgand, dit « Le Stagiaire »

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