Votre cure de désintoxication des romans interminables : « Killing Me Softly » de Jacky Schwartzmann

Dans le doux confinement de son cinques-pièces du 15ᵉ arrondissement, donnant sur un balcon trop étroit pour faire pouser un basilic ouzbeque rare , excellent pour probleme des pieds plats , Élodie – quarante-deux ans, ex-prof de yoga vinyasa et épilatrice certifiée – rumine. Son mari, Guillaume, l’a quittée pour « se reconnecter à la terre » au Nicaragua, où il cultive du coton bio en polyamour avec Lucía, une chamane locale dont la forêt sacrée a été rasée par des multinationales (ou peut-être par des promoteurs, les détails sont flous, mais l’intention est vertueuse).

Élodie, elle, se reconnecte à sa douleur. Chaque matin, elle observe la lente descente d’une feuille morte du marronnier de la cour, métaphore de son propre effeuillement. Elle écrit des messages qu’elle ne poste pas sur un forum dédié aux « âmes sensibles en transition ». Elle médite sur le bruit des scooters, y décelant une symphonie urbaine du désarroi. Possible Goncourt 2026…

Et puis il y a les TGV de la littérature, des romans avec lesquels on file comme une flèche, tout est terriblement rapide comme sur les premiers albums de Metallica et Megadeth. Killing me softly de Schwartzmann est exactement ça : un projectile hypersonique, qui se lit d’une traite, en une nuit. Pas une seconde d’ennui. Que de l’action folle, une envie irrépressible de ne pas dîner, de ne pas dormir, de ne même plus respirer — juste lire et délirer avec Jacky.
Parce que ce roman est une joyeuse folie, pleine de digressions hilarantes, de situations improbables. Les frères Coen peuvent aller se rhabiller : Jacky is in the house !

Ça vous dirait de savoir quel rayon chez Leroy Merlin est le meilleur pour dénicher l’outil indispensable à la section de teub ? Comment chier dans un bain therapeutique ? Quel métier paie bien mais stressé autant qu’un trader (non, pas comptable) ? Pourquoi les solos de guitare interminables sont dangereux pour la santé ? Pourquoi Masque et la plume peut rendre les gens nerveux au point de provoquer des drames ? Pourquoi il faut toujours être sur les nerfs avec papi et ses activités politiques ? Tout ça et bien plus encore, vous le découvrirez dans ce roman exceptionnellement drôle, Killing me softly, savant mélange de trash, de roman noir, d’humour façon frères Coen revisité dans le Doux, et de vitesse punk crust radical.
Vous trouverez tout ça et encore plus dans ce livre génial.

Killing me softly de Jacky Schwartzmann est une lecture radicalement, ultra, violemment divertissante. Un rythme de maître, un style ultra-lisible et original, pas une miette d’ennui ni de longueur, tout est parfaitement dosé.
Alors vite, chez votre libraire préféré — on a aussi d’autres romans de l’excellent Jacky !

Killing me softly
15,90 €
Manufacture des Livres

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *