Mois : octobre 2026

  • D’errance et de lumière

    D’errance et de lumière

    D’errance et de lumière

    Fuir la Lumière — Florence Chataigner

    Appartient-on quelque part ? Ou passons-nous notre vie à errer, de Charybde en Scylla, en quête d’une lumière perdue ?

    Je suis Français naturalisé. La moitié de ma vie s’est déroulée dans les Balkans vallonnés. Ma langue maternelle n’est pas le français, mais celle que l’on appelait jadis le « serbo-croate ». Vivre ailleurs, c’est être autre. On a beau s’évertuer à montrer que nous sommes « pareils » aux autochtones, nous ne le sommes pas.

    Grandir dans un environnement où aucune génération, depuis deux cent cinquante ans, n’a connu plus de quarante ans de paix — où la richesse des langues, des traditions, des cultures est à la fois bénédiction et malédiction — produit d’étranges effets sur l’esprit, le corps, la culture.

    Très vite, le dernier roman de Florence Chataigner m’est entré sous la peau. Je n’ai pu le lâcher, de la première à la dernière page, ensorcelé, habité par l’histoire, les personnages, l’idée.

    Anita, l’héroïne du roman, est une enfant, une orpheline, qui a grandi dans une secte, un culte. Dans le sud de la France, dans un village, sous la houlette d’une OM(guru) charismatique, et d’une soupe new age bon marché — mélange d’hindouisme, de bouddhisme, d’anarchisme, mais aussi d’une vie « relativement » libre, simple, proche de la nature.

    Anita grandira isolée de la société « normale ». Elle changera de foyers, de parents au sein de la communauté… Tout cela éveillera en elle le désir du changement, du départ vers le « grand monde libre », en quête de « transformation »… Mais comment fuir soi-même ? Est-il possible de ne pas revenir au lieu, au monde auquel on appartient, qui vit en nous ?

    Florence est une romancière remarquable, qui sait tenir le lecteur en haleine. Sa prose est fluide, dynamique, pleine d’esprit. Son regard sur le monde n’est pas manichéen ; point de stéréotypes paresseux ou faciles. Et le chemin parcouru est à la fois très drôle et retors : des enfants aux pieds nus de Provence, où tout est permis, jusqu’à la desperate housewife de la upper class londonienne, qui passe ses jours dans le vide de l’univers expat.

    Les réponses et les solutions ne se trouvent pas « dans ce monde-ci », mais « dans l’au-delà » — où les divinités, les forces surnaturelles, et aussi la communauté, le collectif sont à la fois la joie, la tristesse, l’amour, l’appartenance, mais aussi la surveillance permanente, le contrôle, l’insatisfaction, la frustration, le désir d’évasion.

    Florence Chataigner nous entraîne sur le chemin de la fuite hors de la lumière trop forte, de la recherche de l’ombre, parfois des ténèbres, à travers toutes les nuances possibles d’éclairage — certaines d’un néon blafard, grises, d’autres éclatantes comme le soleil, certaines telles une explosion de supernova. Et tout cela sans pathos inutile, sans ennui, sans la morosité pesante de la littérature contemporaine.

    Un roman qui réveille, pousse à l’introspection, mais le sourire aux lèvres. Le tout baigné de lumière.

    Un livre dont on parlera cet automne.

    Fuir la Lumière — Florence Chataigner

    Éditions Cherche Midi, 21 €

    — Votre libraire
    Librairie Chien Sur La Lune, Villers-Bretonneux

  • Programme des rencontres — Automne 2026

    Programme des rencontres — Automne 2026

    Programme des rencontres — Automne 2026

    Trois soirées, trois auteurs, trois univers. Venez nombreux — mais pensez à réserver, la librairie est petite et les chaises partent vite.

    Ante Tomić — Le Gourdin du prince Marko

    Mardi 6 octobre 2026 — 19h

    Un moine franciscain roué, un noble italien crédule, et un prince légendaire qui tient son titre… d’un concours truqué. Printemps 1717 : Venise fait la guerre aux Ottomans, et le fameux Marko — héros des chansons épiques, roi de l’esbroufe — préfère de loin gratter son gusle que brandir le sabre. Entre lupanar crasseux, épidémie de diarrhée et licornes réduites en poudre, Ante Tomić signe une guerre « absurdement drôle, avec une verve toute rabelaisienne » (Le Canard enchaîné).

    Votre libraire s’est déjà régalé : retrouvez sa chronique, « ou comment sauver une forteresse sans lâcher ses gusles ». Et le plus beau ? L’auteur sera là, en présence de son traducteur et éditeur Marko Despot — qui le traduit depuis Miracle à la Combe aux Aspics en 2021 et l’accompagne sur les routes de France, de Suisse et de Serbie.

    Noir sur Blanc, 20,90 € — traduit du croate par Marko Despot


    Kinga Wyrzykowska — Princesse

    Samedi 10 octobre 2026 — 19h

    Barbara, cadre parisienne d’origine polonaise, reçoit pour son anniversaire un lapin. Nommé Princesse. Elle tombe amoureuse d’un plombier, plaque tout, et file dans un village de Podlachie où le curé fait la loi et où tout le monde n’attend qu’une chose : qu’elle enfante. Le lapin, lui, grossit. Ce qui commence comme un conte moderne glisse — doucement, sûrement — vers un fantastique de plus en plus inquiétant.

    France Info parle d’une « satire sociale désopilante et acerbe », France Culture d’un « conte queer et antifasciste jouissif ». Votre libraire avait déjà succombé dans « Królik ! (ou : Le Lapin qui valait bien un trip) ». Prix Françoise Sagan 2023 pour Patte blanche, première sélection du Prix Alain Spiess : Kinga Wyrzykowska est de celles qui comptent.

    Seuil, 368 p., 22 €


    Florence Chataigner — Fuir la Lumière

    Samedi 14 novembre 2026 — 19h

    Anita est orpheline. Elle grandit dans une secte du sud de la France, sous la houlette d’un guru charismatique et d’une soupe new age bon marché — mélange d’hindouisme, de bouddhisme, d’anarchisme, et d’une vie « relativement libre » au pied des collines de Provence. Puis elle fuit. Vers le grand monde, Londres, l’univers expat où l’on troque mantras et permaculture contre conversations creuses et apparences. Mais comment fuir soi-même ?

    Une romancière remarquable, un regard jamais manichéen, un chemin « à la fois très drôle et retors » — des enfants pieds nus de Provence jusqu’aux néons blafards de Londres. La chronique complète, « D’errance et de lumière », est à lire sur le site.

    Un roman qui réveille, pousse à l’introspection, mais le sourire aux lèvres


    Réservation conseillée

    La librairie est petite, les soirées sont chaleureuses : assurez-vous d’avoir une place.

    Par téléphone : 09 55 21 38 37
    Par mail : chiensurlalune@free.fr
    Ou passez nous voir : 8 rue des Tavernes, 80800 Villers-Bretonneux