Dans le doux confinement de son cinques-pièces du 15ᵉ arrondissement, donnant sur un balcon trop étroit pour faire pouser un basilic ouzbeque rare , excellent pour probleme des pieds plats , Élodie – quarante-deux ans, ex-prof de yoga vinyasa et épilatrice certifiée – rumine. Son mari, Guillaume, l’a quittée pour « se reconnecter à la terre » au Nicaragua, où il cultive du coton bio en polyamour avec Lucía, une chamane locale dont la forêt sacrée a été rasée par des multinationales (ou peut-être par des promoteurs, les détails sont flous, mais l’intention est vertueuse).
Élodie, elle, se reconnecte à sa douleur. Chaque matin, elle observe la lente descente d’une feuille morte du marronnier de la cour, métaphore de son propre effeuillement. Elle écrit des messages qu’elle ne poste pas sur un forum dédié aux « âmes sensibles en transition ». Elle médite sur le bruit des scooters, y décelant une symphonie urbaine du désarroi. Possible Goncourt 2026…
Et puis il y a les TGV de la littérature, des romans avec lesquels on file comme une flèche, tout est terriblement rapide comme sur les premiers albums de Metallica et Megadeth. Killing me softly de Schwartzmann est exactement ça : un projectile hypersonique, qui se lit d’une traite, en une nuit. Pas une seconde d’ennui. Que de l’action folle, une envie irrépressible de ne pas dîner, de ne pas dormir, de ne même plus respirer — juste lire et délirer avec Jacky. Parce que ce roman est une joyeuse folie, pleine de digressions hilarantes, de situations improbables. Les frères Coen peuvent aller se rhabiller : Jacky is in the house !
Ça vous dirait de savoir quel rayon chez Leroy Merlin est le meilleur pour dénicher l’outil indispensable à la section de teub ? Comment chier dans un bain therapeutique ? Quel métier paie bien mais stressé autant qu’un trader (non, pas comptable) ? Pourquoi les solos de guitare interminables sont dangereux pour la santé ? Pourquoi Masque et la plume peut rendre les gens nerveux au point de provoquer des drames ? Pourquoi il faut toujours être sur les nerfs avec papi et ses activités politiques ? Tout ça et bien plus encore, vous le découvrirez dans ce roman exceptionnellement drôle, Killing me softly, savant mélange de trash, de roman noir, d’humour façon frères Coen revisité dans le Doux, et de vitesse punk crust radical. Vous trouverez tout ça et encore plus dans ce livre génial.
Killing me softly de Jacky Schwartzmann est une lecture radicalement, ultra, violemment divertissante. Un rythme de maître, un style ultra-lisible et original, pas une miette d’ennui ni de longueur, tout est parfaitement dosé. Alors vite, chez votre libraire préféré — on a aussi d’autres romans de l’excellent Jacky !
Alors voilà, y’a cette idée reçue tenace comme une vieille colle : les pays d’Europe de l’Est, ce serait des contrées où on vit en noir et blanc. Comme si on était plongé dans un film de Béla Tarr ou de Kieslowski, avec des ruines partout, des trucs cassés, et des hordes de gens déprimés qui font la queue pour acheter un demi-kilo de farine dans un supermarché tout droit sorti d’un calendrier « Bonne année 1984 » de Timișoara, avec le portrait de Nicolae Ceaușescu tenant un bouquet de fleurs et une pionnière toute guillerette sur son aile.
Non. L’Europe de l’Est n’est pas comme ça. Et ne l’a jamais été. Elle a eu ses démons, ses problèmes, ses hauts et ses bas, mais elle a toujours été à des années-lumière de tous ces clichés.
Première précision, et pas des moindres : les républiques de l’ex-Yougoslavie ne sont PAS des pays d’Europe de l’Est. Elles n’ont jamais fait partie du CAEM ni du Pacte de Varsovie. Elles sont soit balkaniques (Europe du Sud-Est), soit ce qu’on appelle la Mitteleuropa (Europe centrale). Et elles ont toujours suivi leur propre chemin de développement, même sous le socialisme.
La Yougoslavie, c’était le pays fondateur du mouvement des non-alignés, un État socialiste moderne avec un système hybride (le meilleur mélange de socialisme, d’autogestion et d’un « capitalisme léger et humain » – bon, ok, « capitalisme humain » c’est un oxymore total, mais c’était la Yougoslavie, quoi). La Yougoslavie a donné naissance à une culture pop incroyable : cinéma, musique, littérature, BD, folk, rap, reggae, punk, cold wave, metal… Chez le camarade Tito, tout était possible.
Les gens vivaient modestement mais bien, voyageaient pas mal (les Yougoslaves étaient les bienvenus à l’Ouest, à l’Est, et même au Sud, tiens). Hyper éduqués, d’une culture générale large, le Yougoslave était l’apogée du rêve hippie-gauchiste, un homme libre dans une société dite « totalitaire » à parti unique.
Évidemment, tout cet édifice multiculturel, multiethnique, multilingue (même si le serbo-croate était parlé dans 70% du pays, il existait d’innombrables variantes de la langue, plus le slovène, le macédonien, l’albanais, le hongrois, le ruthène, le slovaque…) tenait sur des bases fragiles. Un pays jeune, obsédé par les problèmes non résolus du passé, surtout la guerre fratricide de 41-45 qui s’est gentiment prolongée de 90 à 96 avec l’aide chaleureuse des « traîtres à leur propre sang » – les nababs locaux des six républiques – et des pacificateurs occidentaux avec leurs cargaisons de pacifisme sous forme de fusils tchèques, allemands, américains, de bombes, de howitzers et autres outils de paix.
Oto Oltvanji est un enfant de cette Yougo-pop culture (comme votre libraire). Un type qui a vécu une bonne partie de sa vie dans cette Yougoslavie pop, cool, sympa . Et l’autre partie dans la période post-apocalyptique 1990-2000, qui a vu 4 guerres civiles, le bombardement de l’OTAN, les sanctions, la famine, l’effondrement du système, une transition dégueulasse (le pillage des ressources et des biens publics par la nouvelle oligarchie capitaliste, mais cette fois « démocratique », ce qui, vous en conviendrez, donne un ton totalement meilleur à toute la composition).
Bref, en tant que jeune vieux bonhomme comme ça, il ne peut qu’être complètement schizophrène. Comme 99% des citoyens de l’ex-Yougo. Blague à part, « Le Champ des Méduses », un roman policier, est une sortie exceptionnelle de cette phase psychotique des années 90 dans les Balkans. Oto a écrit un livre léger, drôle, dynamique. Plein d’humour non forcé, de charme et d’une élégance cool ,un mélange de polar et de road trip.
Sceptique, ex-journaliste, détective privé dans la nouvelle Serbie capitaliste, reçoit pour mission de percer le mystère de la disparition d’une fille et de sa mère – l’une a disparu dans les années 80, l’autre dans la première décennie du 21e siècle. Le détective belgradois devra résoudre quelques histoires apparemment très éloignées et les assembler en une grande histoire, que bien sûr on ne peut pas vous révéler, parce que ce serait un spoiler total.
Ce livre, même s’il traite de thèmes assez sombres, reste très solaire et lumineux. Skeptik est un sympathique bonhomme de type balkanique, relativement flegmatique, amateur de bonne goutte, amoureux de musique – d’ailleurs, ce roman se déguste mieux avec du bon rock ex-yougo sur votre tourne-disque ou sur une plateforme (beurk). Son style est drôle , amusant, et tire peu vers ce classique « gloom » balkanique et ce vibe « glad to be sad » qui caractérise la littérature serbe moderne. Oltvanji a toutes les clés du genre au bout des doigts, il nous guide en maître à travers l’histoire, on ne s’ennuie pas une seconde.
Ce roman est le premier de cet auteur traduit en français, publié par les éditions Agullo qui ont un catalogue exceptionnel d’auteurs (Varesi, Pavicic, Paulin, Khaloua). Le roman d’Oto est encore un excellent titre dans leur excellente sélection.
Donc vous savez ce qui vous reste à faire : faites-vous une playlist de bonne musique ex-yougo (EKV, Azra, Idoli, Haustor, Buldozer, Darkwood Dub, Rambo Amadeus, Obojeni Program), installez-vous dans votre Yugo ou votre Zastava 101 (les légendaires antiquités automobiles yougoslaves) et partez en route pour Rovinj, sur la lumineuse Adriatique, où parfois, si vous ne faites pas attention, une méduse peut vous piquer. Et la brûlure de méduse, ça gratouille encore des années après la rencontre. Comme ce roman qui vous pique agréablement et ne s’oubliera pas facilement, d’autant qu’il y aura sûrement d’autres aventures de Sceptique.
Et bien sûr, le roman est disponible dans votre librairie préférée « Chien Sur La Lune ».
Nous avons le grand plaisir de vous convier à une conférence exceptionnelle :
Eugène DABIT et « L’Hôtel du Nord »,
de Mers-les-Bains à Sébastopol.
Une soirée animée par Xavier BECQUET,
à l’occasion de la réédition du roman en 2025 aux Éditions Bathysphère (préfacée par Xavier BECQUET)
Vendredi 30 janvier 2026
18h
À la librairie Chien sur la Lune, Villers-Bretonneux.
Paru en 1929, ce roman culte capture la vie d’une modeste pension sur les bords du canal Saint-Martin à Paris. Eugène Dabit, avec une écriture sobre et profondément humaine, y peint le quotidien des « petites gens » – voyageurs de passage, ouvriers, prostituées, rêveurs désenchantés. À travers les chambres miteuses et la salle de café, se croisent des destins faits de solitude, d’espoirs discrets et de résignation tendre. Plus qu’une simple intrigue, c’est une atmosphère que restitue Dabit : celle d’un monde à part, un microcosme populaire où résonnent, pudiquement, la mélancolie et la fraternité des vies ordinaires.
Venez (re)découvrir cette œuvre majeure du réalisme poétique, son auteur, et les liens qui unissent ce texte à notre territoire.
Lorsqu’un ami bibliophile m’a conseillé Watership Down de Richard Adams, je n’en connaissais que le titre énigmatique et la couverture ornée de lapins – ce qui évoquait davantage un conte enfantin qu’une œuvre littéraire. J’appréhendais une énième fable animalière anthropomorphe, une « Guerre des clans » version lapins. Je me trompais.
Watership Down est bien autre chose. L’histoire suit un groupe de lapins des champs qui, alertés par les visions prémonitoires de l’un des leurs, fuient leur garenne menacée pour chercher une terre d’accueil. Leur quête les confronte à la rudesse de la nature, aux prédateurs, aux pièges des humains, mais aussi à la solidarité, au courage et à l’ingéniosité. Le récit, d’une tension narrative remarquable, aborde avec pudeur des thèmes universels : l’exil, la fondation d’une communauté, la résilience face à l’adversité.
La genèse de l’œuvre est elle-même une belle histoire. Dans les années 1960, Richard Adams imagine ce récit pour distraire ses filles durant de longs trajets en voiture. Peu à peu, il construit un monde cohérent, doté d’une langue – le « lapine » –, de mythes, de rites et d’une hiérarchie sociale qui empruntent autant à l’éthologie qu’à la fiction. Refusé par plusieurs éditeurs, le livre paraît finalement à petit tirage en 1972, pour devenir rapidement un classique international.
La force du roman tient à son équilibre subtil entre réalisme et poésie. Adams ne humanise pas ses lapins : leurs capacités sont celles que la nature leur a données – une ouïe fine, une course rapide, un sens aigu du danger. Ils ne portent pas d’épées, ne chevauchent pas de créatures fantastiques ; leur héroïsme réside dans leur volonté de survivre, leur capacité à s’adapter et à s’entraider. Pourtant, chaque personnage possède une psychologie distincte, qui nous le rend immédiatement attachant.
En filigrane, l’auteur – pionnier de la cause animale – propose une réflexion écologique profonde, sans jamais tomber dans le didactisme. Les lapins évoluent dans un monde où la nature est à la fois nourricière et hostile, où l’homme apparaît comme un « géant » destructeur. Cette lecture invite à reconsidérer notre place dans l’écosystème, avec humilité et respect.
Watership Down est un roman à plusieurs étages : aventure haletante, fable philosophique, hommage à la nature sauvage. Il s’adresse autant aux amateurs de fantasy qu’aux lecteurs curieux d’une écriture précise et évocatrice. Il nous rappelle, avec grâce, que nous ne sommes pas les seuls habitants de cette planète – et que les plus modestes créatures peuvent incarner les plus grandes leçons de vie.
Ce chef-d’œuvre intemporel est disponible à la librairie Chien Sur La Lune, où vous pourrez découvrir ou redécouvrir l’épopée de Fyvir, Hazel et leurs compagnons – une lecture qui marque durablement l’imaginaire.
« Lapiaz » (prononcez « lapia ») : mot d’origine jurassienne, issu du latin « lapis », « pierre ». Surface rocheuse marquée par l’érosion des reliefs calcaires sous l’action des eaux de ruissellement. Une formation géologique qui donne son nom au dernier polar de Maryse Vuillermet – et qui sert de métaphore à un monde en équilibre fragile entre tradition et modernité.
Premiers pas dans le Jura
Au début du siècle – le 21e, bien sûr –, j’ai foulé pour la première fois le sol du Jura. Ou plus exactement du Haut‑Jura, dans un petit village blotti près des pistes de ski nordique, au milieu de forêts qui semblaient sans fin et de fermes pittoresques, éparpillées dans les vallées comme sorties d’un conte. En Balkanique que je suis, je ne peux m’empêcher d’aimer les montagnes : les Balkans sont une montagne sur les Balkans, vous voyez. Alors, j’ai aimé le Jura dès le premier regard. Fromage, vin, saucisson sec fumé avec du comté, le Concoillotte presque coulant et aux saveurs multiples, le Mont d’Or… déjà l’eau me vient à la bouche.
Le village où nous logions se résume à une longue rue, avec deux hôtels, une petite épicerie, un distributeur de billets, un loueur de skis, deux cafés, un cimetière, une église et une minuscule boutique de souvenirs face au parking du village. Celle‑ci m’a charmé (comme un enfant de cinq ans) par son charme tout en bois : tout y est en bois, y compris la maison qui l’abrite.
Jeunes mariés à l’époque, ma femme et moi avions élu domicile au « Chalet de Versoix », une sorte d’auberge‑étape sur la route du lac, à dix minutes du village. Perché au sommet d’une colline, en pleine forêt de conifères, l’endroit était déjà bien à l’écart du hameau. Je fumais alors, et il m’arrivait de sortir devant l’hôtel au milieu de la nuit pour griller une cigarette. Dans le noir absolu, seulement éclairé par la lumière de l’entrée, la nuit en forêt était plus que mystérieuse, plus que ténébreuse. Amateur d’histoires qui font peur, mon imagination s’est mise à jouer avec moi : un craquement de brindille par‑ci, un objet qui tombe avec un bruit sourd par‑là, le vent qui agite les branches des conifères, tout chuchote et vit de sa propre vie nocturne. Sur le petit sentier qui s’enfonce dans les bois – le « Sentier des Amoureux » –, j’ai eu l’impression que quelqu’un passait ; un frisson m’a parcouru l’échine, j’ai écrasé ma cigarette et me suis précipité dans le lit chaud.
Le matin change tout : un soleil magnifique, la blancheur de la neige, le lac gelé au cœur d’une vallée cernée de forêts et de pentes. Le Jura est un joyau baigné de lumière. Mais ce joyau garde toujours une part de mystère, qui me saisit encore aujourd’hui lorsque je skie seul au crépuscule, lorsque je suis sur mes skis au milieu des bois et que la nuit tombe déjà, que les ombres rampent depuis les recoins de la forêt – et très vite. Ou quand je croise parfois un étrange autochtone jurassien au milieu d’un sentier de montagne, qui vous glace d’effroi avant de disparaître aussi vite qu’il est apparu, avalé par la profondeur des chemins forestiers. Le Jura est un paysage merveilleux, avec une touche de « Twin Peaks »… à la manière jurassienne.
Résister au « Lapiaz » de Maryse Vuillermet ? Impossible.
Comment résister alors au titre *Lapiaz*, de Maryse Vuillermet, dans la collection Rouergue Noir, un polar ? Quand on sait que l’intrigue se déroule précisément là où nous vagabondons depuis vingt‑cinq ans à travers forêts et montagnes, et que nous nous sentons nous‑mêmes partie de ce monde – du moins comme amoureux de cette région française –, impossible de ne pas se laisser engloutir par l’histoire et l’atmosphère de ce roman, sans exagération, exceptionnel.
L’action se passe exactement là où nous venons, depuis un quart de siècle, passer nos vacances au moins une fois par an, parfois jusqu’à trois fois. Le Haut‑Jura, avec sa beauté, sa paix, ses pâturages infinis, ses forêts de conifères, ses puissants torrents montagnards, ses cascades, ses granges et fermes isolées dans les monts et les vallées. Là où les gens sont rudes, solides, bruts comme la force d’une tempête de neige, de vrais montagnards.
Tout commence dans les années 1970, quand un jeune couple hippie parisien (aujourd’hui on dirait des « écolo‑bobos » ;‑)) s’installe dans une ferme avec l’espoir d’y trouver le paradis perdu et rêvé des citadins, de vivre d’air pur, de rosée sur les fleurs et de la musique des Doors. Leurs premiers voisins sont une famille paysanne jurassienne, des travailleurs robustes qui connaissent la vie de la montagne, ses traditions, et le labeur incessant qui ne manque jamais. Les hippies vont déclencher une mini‑révolution culturelle dans le petit cercle de la ferme, et provoquer, inconsciemment et involontairement, une avalanche d’événements qui aboutira à un dénouement monstrueux et incroyable.
Il y a quelque chose de lourd, de sombre et de ténébreux du début à la fin de ce roman. Une tempête tapie dans le paradis, qui se devine depuis les hauteurs du « Crêt Chalam ». Le monde qui était va disparaître, brisé comme une pierre qui tombe dans l’abîme d’une crevasse du lapiaz. Cette histoire vous emmène dans un paradis condamné à la perte, à la disparition. Au cœur du calme et de la paix silencieuse de la montagne, elle instille d’abord une inquiétude sourde, jusqu’à vous conduire à l’embrasement et à la fusion.
Une écriture ancrée dans la terre jurassienne
Le roman est riche en coutumes locales, en traditions villageoises ancestrales – Maryse Vuillermet, originaire de Saint‑Claude, sait de quoi elle parle. On sent qu’elle connaît intimement ce territoire, ses valeurs, ses réactions. Son lien avec la terre et la pierre du Jura se ressent à chaque page. Rien n’est laissé au hasard ; elle mène avec maestria cette histoire de métamorphose d’un monde qui a dû sortir de l’isolement de la vie rurale montagnarde pour entrer dans la « modernité » par tous les moyens possibles.
Les ravins, les falaises, les gouffres tiennent bon, car ils ont toujours été là et le seront après nous. Chaque pas sur ces parois doit être mesuré : le lapiaz mouillé est glissant, un faux pas peut vous entraîner dans un précipice. Les montagnes ne cachent pas que des beautés, mais aussi des dangers – serpents, champignons vénéneux, originaux. Attention où vous posez le pied, quel sentier de montagne vous empruntez. Car beaucoup de choses ne sont plus comme avant.
Lapiaz– c’est une plongée sensorielle et morale dans l’âme du Jura, une réflexion sur la collision entre deux mondes, portée par une écriture aussi précise que poétique.
Et bien sûr, venez découvrir cette œuvre exceptionnelle de Maryse Vuillermet – avec laquelle vous pouvez commencer l’année en grand style !
Librairie Chien Sur La Lune a accueilli l’auteur pour une présentation intime de son livre « Brouchy, paroles et sons de cloche », et autres aussi . À travers des récits tissés de souvenirs villageois, Marissal redonne vie aux figures oubliées de nos campagnes. Une écriture tendre et lucide qui exhumé un monde à la fois proche et englouti, et invite à un retour vers l’authenticité des racines et de la mémoire locale. Une belle occasion d’entendre la voix juste d’un auteur qui capture l’âme secrète des paysages et des visages anonymes. Une vidéo qui restitue l’atmosphère chaleureuse de cette rencontre.
Quand chaque instant s’épuise. Quand tout nous lasse, nous ennuie, que chaque geste devient un mécanisme de plus dans l’infernale machine moderne qui nous entoure. Dans ces moments où nous oublions ce que signifie exister, respirer à pleins poumons, utiliser les sens que la nature, Dieu, ou le hasard nous a donnés.
En ces temps rageurs, renfrognés, étriqués, plus personne ne regarde l’autre, son prochain. Plus personne ne s’arrête deux secondes pour s’émerveiller devant le ciel, une fleur, un enfant à vélo, une grand-mère sur un banc, un beau visage dans la rue. Plus personne n’a envie d’échanger quelques mots avec le clochard du quartier.
Nous fixons tous l’abîme de notre vanité, ce petit miroir monstrueux et électronique que nous portons dans nos poches et qui nous a tous transformés en marâtre de Blanche-Neige. Tout est devenu comme ce fameux passage du Solaris de Lem : nous ne cherchons plus la découverte de l’autre, du nouveau, de l’exceptionnel, de l’unique. Nous ne traversons pas des années-lumière dans l’espoir d’une rencontre. Nous cherchons un miroir.
C’est pourquoi nous partons parfois en voyage, par besoin de changement. Nous allons dans des contrées lointaines par des autoroutes saturées, nous volons dans des avions low-cost qui sentent la transpiration et la bière bon marché. Les trains sont trop rapides : en trois heures, nous sommes n’importe où. Finis les vagon lits , les bar des trains où les amoureux (ou les infidèles) sirotent du vin blanc en chuchotant, finis les voyages en bus où l’on chante en chœur et où l’on joue aux cartes sur les sièges étroits. Tout le monde s’ennuie vite et sort son miroir électronique pour se perdre dans des séries addictives, des likes, des influenceurs et autres superfluités.
La bande dessinée « Plus Loin Qu’Ailleurs » de Chabouté est une invitation à fuir nos vies souterraines. Un défi, vers l’inconnu… qui est pourtant juste devant nos yeux, à quelques mètres de nous. Plus loin qu’ailleurs, ce n’est pas si loin. C’est nous qui ne savons plus voyager vers le plus proche. Cet album vous emmène là où vous avez toujours été, mais que vous n’aviez jamais découvert. Chaque planche est une poésie du banal et du merveilleux.
Dépêchez-vous. Offrez cet album, qui est le plan parfait pour s’évader de la cage dorée de la vie moderne.
J’ai l’impression d’être né dans une chambre remplie de livres. L’odeur du papier, des reliures anciennes ou plus récentes, de la colle, est dans mes souvenirs aussi fraîche que si elle avait toujours été en moi. Dans la petite ville où j’ai grandi, la plus belle vitrine était la librairie municipale. À côté des articles de papeterie, des cassettes et des vinyles, on y trouvait de beaux ouvrages reliés, des livres scientifiques, des manuels scolaires. Tout y avait une senteur de chêne et de papier. C’est là que j’ai acheté mon premier Jules Verne, mon premier Karl May, mon premier Conan Doyle, mais aussi Asimov et Bradbury, Lem , Strougatski . Un grand comptoir en chêne, des armoires aux étagères hautes et aux portes vitrées, gardaient ce trésor ; seul le libraire pouvait vous l’ouvrir, seul elle ou lui pouvait vous donner le livre. Et puis me remplissait ce sentiment de satisfaction, tandis que je marchais dans la zone piétonne jusqu’à la maison : j’étais fier de mon livre, je le portais dans les mains comme une veste dernier cri ou un détail de mode d’une valeur unique. Ce qu’il était vraiment : un livre.
Et puis, quarante ans plus tard, en installant l’éclairage dans la cour, je suis tombé d’une échelle, de près de trois mètres de haut. Un choc sourd et violent sur la terrasse en briques a sonné ce qui m’a semblé être mon dernier instant. C’est ce que j’ai cru, en tout cas, pendant la chute. Heureusement, ces os balkaniques sont solides, et la matière grise étant rare chez l’homme, j’ai survécu à la chute avec seulement une fracture sévère de l’épaule et de l’humérus.
Il y a des gens qui tombent et tout va bien, d’autres qui tombent et ne guérissent jamais. Moi, je suis de ceux qui ne peuvent pas guérir. L’idée un peu folle de tout reprendre à zéro et de recommencer mon parcours professionnel m’a obsédé — et vous a offert, je l’espère, une belle librairie dans notre petite ville. Trois ans de gestation, de travaux, de hauts et de bas, et le 3 décembre 2024, à 8 h 30, au 8 rue de Tavernes, est né « Chien Sur La Lune ».
Vous êtes venus nombreux découvrir ce coin de livres, de rêves, d’imagination au cœur de notre belle Picardie, merci. Et voilà, cela fait déjà un an que nous sommes ensemble, de jour en jour, de livre en livre. Nous nous connaissons de mieux en mieux, nous recevons souvent de merveilleux auteurs, locaux ou d’ailleurs, et nous les accueillons ensemble. Nous célébrons les fêtes, la musique, Halloween, Noël, Pâques, l’Anzac Day… Et tout cela ensemble, tout cela par amour du livre, du mot écrit, de l’imagination, de la création, du jeu et de l’art sous toutes ses formes.
Sans vous, nous ne sommes rien, alors nous comptons sur votre fidélité, votre amitié et votre bonne volonté. De notre côté, nous vous promettons de beaux conseils, des moments joyeux et uniques, un choix riche et beau de livres et d’autres produits, de jeux de société, de vinyles, de souvenirs d’artisans locaux. Et pour finir, la plus belle nouvelle : n’oubliez pas que nous fêtons l’anniversaire toute la journée, vous êtes tous les bienvenus, au programme : un cadeau pour chaque client, un petit café, un jus, une douceur, et pour les amateurs de bulles, une coupe de…
Je ne peux pas ne pas remercier ma famille, ma femme surtout, pour son soutien et son aide sans réserve, sans laquelle la librairie serait restée une simple idée dans la tête douloureuse d’un cascadeur semi-professionnel. Mes enfants, ma belle-mère et mon beau-père. Branko Belćević, Igor Sjeverac, les gens qui ont su traduire mes rêves en plans et en projets, les artisans qui ont transformé des ruines en ce bel endroit où vous flânez aujourd’hui le nez entre les rayonnages. Et parmi eux, le plus important pour la librairie et son apparence : Rémy Bazin, un artisan exceptionnel qui, par son travail acharné, a réussi l’impossible — ma gratitude est plus que grande. Jean-Philippe, Claude, Sylvain, Gwenaëlle, Xavier, Laurence, Claire merci à tous de croire en l’importance et la nécessité de cette aventure. Je m’excuse auprès de tous ceux que je n’ai pas nommés — vous êtes importants, même sans être cités.
Vous, chers clients, vous qui êtes fidèles, volontaires, souriants, pleins d’idées : merci. Continuons à nous retrouver et restons lunaires.
C’est toujours un vrai plaisir de juger et de critiquer des œuvres primées. Avant toute chose, un prix — quel qu’il soit — n’est en rien un gage de beauté, de créativité, d’esprit, d’innovation stylistique, de rythme, etc. Mais, bon, ça, on le savait déjà. Chez nous, en France, ces récompenses sont un peu comme des monuments aux morts de batailles littéraires depuis longtemps enterrées. Souvent grandioses, impressionnants, pleins d’éloges, et pourtant menteurs, hypocrites et d’une unanimité suspecte. Un vieux proverbe serbe dit : « Combien d’argent, autant de musique ». Autrement dit, 99,99 % des prix atterrissent dans les mains d’auteurs issus des grands groupes d’édition — des gens dont la carrière est au zénith, ou l’a depuis longtemps dépassé, mais dont le nom seul génère du profit. Qu’ils pondent un livre de recettes ouzbèkes, un annuaire téléphonique ou un traité profond sur la pilosité dorsale, ça se vend.
Cette année encore, les communicants, attachés de presse, journalistes culturels et critiques littéraires ont brillamment réussi à « ne pas nous surprendre » . Tous les prix sont allés, comme prévu, vers des valeurs sûres, ces « actions culturelles » bien assurées — les grandes maisons et leurs auteurs stars.
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : une vieille Peugeot des années 90, bien entretenue, peut encore filer à 170 km/h et briller au soleil — à condition de changer l’huile régulièrement et de la garder au chaud dans un garage. Emmanuel Carrère, avec son « Kolkhoze », c’est un peu ça — une bonne vieille mécanique qui roule encore sur nos routes. Son roman, sans la moindre surprise, parle de sa famille, de sa mère (célèbre académicienne, pseudo-historienne et écrivaine) et — ô stupeur — de lui-même et de son nombril toujours aussi photogénique. Je plaisante à peine : ce n’est pas « mauvais », loin de là. Emmanuel sait nous hypnotiser avec son style limpide et son contenu toujours riche, mais, comme dit le proverbe, on a déjà vu le film. On le connaît par cœur, et on l’aime bien, ce film. En connaissant le film on le trouve un peu chiant.
« Maison Vide » de Laurent Mauvignier est une œuvre relativement intéressante, qui parle — oh quelle surprise — de famille, de secrets, d’archéologie des vérités refoulées de nos aïeux. C’est intelligent, bien écrit, mais après 12 567 pages (je rigole, c’est à peine 700 pages ), on se retrouve avec un petit « plouf » final. Je répète : si vous aimez les sagas familiales, les non-dits et l’introspection, ces deux livres vous parleront. Et, si vous n’avez jamais lu ces auteurs, vous y trouverez peut-être même une once de fraîcheur.
Apanah, avec son roman sur l’horreur qu’elle a vécue, sur la violence que tant d’hommes portent en eux, nous touche bien plus profondément. Son témoignage est glaçant. Elle ne décrit pas un hypothétique drame urbain du style « ma femme me trompe, mes enfants sont ingrats, et mon burger végan Uber Food est arrivé froid, alors j’ai refusé de payer Souleymane ,car je me soucie pour la planète, j’ai une Tesla et vélo à hydrogène. », mais le vrai mal, celui du féminicide, et de mécanique perverse des assassins .
Adélaïde de Clairmont-Tonnerre , avec son roman de fiction « Je voulais vivre », a réalisé un spin-off littéraire des « Trois Mousquetaires » de Dumas. Elle donne la parole à Milady et réussit le pari périlleux de respecter l’esprit et le style de l’original, tout en y insufflant un message moderne, sans tomber dans le néo-féminisme à deux balles. Bien sûr, ces deux œuvres s’inscrivent dans le « trend » de l’année : féminisme et récits familiaux. Oh quelle coïncidence !
Je suis peut-être un peu dur — ce n’est pas mon intention. Puisqu’il faut reconnaître que la sélection mainstream de cette année est tout à fait honorable. Tous les livres « condamnés » au succès sont de bonnes lectures. Les auteurs maîtrisent parfaitement leur art, le style et le rythme sont impeccables, et on a là des ouvrages qui valent le détour — confortables, avec des thèmes plus ou moins sérieux. N’oublions pas, dans le même esprit, Alice Ferney, Sorj Chalandon, Nancy Huston…
Parmi la montagne de parutions cette année, je dois absolument mentionner « Les Éléments » de John Boyne. Bien que roman mainstream à la sauce anglo-saxonne, au style radicalement addictif — un vrai « page-turner » —, Boyne a réussi l’exploit d’écrire un livre populaire, extrêmement provocant et lisible, sur les sujets les plus lourds : les agressions sexuelles, viol, notamment sur mineurs, et l’horreur absolue de ces actes. En quatre récits saisissants, Boyne rappelle à ses contemporains ce qu’est un « roman » . Pas un témoignage, pas une autofiction, mais une œuvre qui, par la fiction, donne forme au réel — un filtre métaphorique qui nous permet d’introduire une part de beauté et d’irréel dans ce qui ne devrait être qu’ignoble. Non pas pour esthétiser ou glorifier la violence, l’inceste ou la pédophilie, mais pour nous confronter à ces thèmes difficiles avec une profondeur artistique. C’est ça, un roman. Je ne saurais trop recommander « Les Éléments » — même si le sujet vous répugne. J’ai déjà écrit sur « Kairos » de Jenny Eperbeck de coup juste un mot, géant !
Bien sûr, les prescripteurs vous parleront beaucoup moins des « petits » ou des auteurs « prometteurs ». Les médias et leurs institutions culturelles préféreront toujours privilégier les chanteurs, les chanteuses, politiques, acteurs-écrivains, et philosophes à tout faire, capables de disserter sur la dentelle au fuseau comme sur la physique des particules. Alors, où est la place pour des plumes comme Soufiane Khaloua, Clément Camar-Mercier, Victor Jestin — sans parler de tous les autres, tapis dans l’anonymat ? Ces jeunes auteurs sont souvent aussi doués que les mastodontes, mais ils n’ont pas leur place dans le boucan et la surproduction de la « rentrée littéraire ». Dommage, car ce sont eux qui portent en eux l’audace, l’esprit, l’imagination. C’est chez eux qu’on trouve la vraie fraîcheur. Mais bon, peu importe — l’essentiel est de vendre ce qui se vend déjà sans publicité. Remplir l’espace médiatique avec les mêmes têtes qu’il y a deux ou quatre ans. Et rester sagement dans les eaux tranquilles de la routine, médiocre…
Dans notre petite librairie, pas de snobisme. On aime à peu près tous les courants littéraires. Certains plus, certains moins. On n’a pas peur du roman local, qui recèle aussi beauté, singularité et courage — publier en « samizdat », c’est la pure passion des mots, sans gain, et avec un travail de titan. On aime le pulp, la manga, le roman graphique,SF, Polar, grande littérature, et surtout, on adore discuter avec vous. Vous êtes nos premiers prescripteurs — cette compréhension mutuelle et ce partage d’expériences de lecture sont les meilleurs garants de la diversité. Les prix, ça vient et ça passe — seule la livre que vous aimez reste.
Ah, bien sûr ! Nous vivons assurément à une époque étrange et fascinante. Et vous savez ce que dit le vieux proverbe chinois ? « Puissiez-vous vivre à une époque intéressante. » La révolution technologique bat son plein, avec cette chose qu’on appelle l’IA (ou l’appareil à fabriquer des photos où les gens ont huit doigts, parce que visiblement, la symétrie est surcotée), les robots, les stations-service dotées d’écrans où, pendant que vous faites le plein, vous pouvez vous délecter de publicités soporifiques. Des inventions révolutionnaires qui simplifient notre vie, comme le banquier à distance : vous êtes loin et faites son travail, pendant qu’il utilise son temps libre pour surfer sur Internet et gonfler vos frais bancaires, peut-être en appelant parfois papa et maman pour savoir ce qu’il y aura au déjeuner dominical. Ces services distants sont parfaitement interchangeables, car chacun fonctionne sur le même principe : déléguez au client le travail pour que vous travailliez moins et que votre entreprise économise sur les guichets superflus, les bureaux, la courtoisie et les services. Le progrès, mes amis, n’a décidément pas de limites.
Les scientifiques, quant à eux, avancent à grands pas dans leurs recherches ; la découverte qu’un homme politique français est neurologiquement incapable d’empathie, de service public, de relations normales avec ses concitoyens, d’honnêteté et de probité judiciaire prouve que la médecine moderne peut tout expliquer, sauf peut-être pourquoi les chats préfèrent les boîtes en carton. Les influenceurs, les vendeurs en ligne, les réseaux sociaux, les vêtements « intelligents », les montres, les balais, les brosses, les cuillères, les pelles, les citrouilles, les casseroles, les réfrigérateurs… Tout cela fait partie de cette réalité incroyable, ou hyper-réalité, que nous offre la modernité quotidienne. Un peu comme si le monde avait été conçu par un committee de marmottes sous LSD.
Mais comment en sommes-nous arrivés au fromage ? Et est-ce que quelque chose pue dans toute cette affaire ? John Scalzi a peut-être justement sauté sur cette idée : nous vivons dans un monde plus ou moins biscornu où presque plus rien ne peut nous surprendre, ou presque. Et si notre chère Lune se transformait en fromage ? Mais pour de vrai ! Dans son roman, notre astre nocturne bien-aimé se métamorphose en le mets préféré des Français*. Ce qui semble totalement absurde et impossible, Scalzi l’a pourtant réussi : transformer une histoire invraisemblable en un roman de science-fiction diablement spirituel et hilarant. Les faiblesses humaines, l’illogisme crasse et les contradictions de « l’homme », les décisions absurdes et frivoles dans des moments critiques, la bêtise et la niaiserie de l’humanité sont ici élevées au rang d’art. Scalzi est une vraie trouvaille, comme une Lune lactée – grâce à une recommandation d’un client, j’ai savouré et ri aux éclats en lisant ce joyeux roman apocalyptique « non pasteurisé ».
À un niveau plus profond, cette histoire soulève des questions sur la perception du monde, notre vision des choses et l’élasticité de la réalité en ces temps complètement timbrés. Scalzi nous divertit jusqu’au bout, jusqu’au dernier morceau de fromage, mais avec une intrigue si absurde qu’elle parvient à tisser un discours raffiné sur nos travers et illogismes. Et tout cela avec du goût, de l’odeur, de la texture – spoiler alert : la Lune n’est pas un fromage français, dommage, car imaginez les possibilités pour les apéros spatiaux !
Quoi qu’il en soit, dépêchez-vous de découvrir ce roman jubilatoire. Et où mieux que dans notre librairie lunaire, Chien Sur La Lune ? Pour l’instant, aucune odeur suspecte chez nous… enfin, presque.
*Note : Si jamais cela arrive, préparez-vous à des débats passionnés sur l’appellation d’origine contrôlée. La Lune serait-elle un Brie ou un Camembert ? Les questions qui comptent, voyez-vous.