Pourquoi ce nom ?
Le chien sur la lune, c’est d’abord un chien qui aboyait après la lune — puis une librairie à Villers-Bretonneux, ouverte du mardi au samedi. On y entre avec une liste et l’on ressort avec trois livres qui n’étaient pas dessus. Votre libraire choisit chaque titre comme on choisit un ami : avec exigence, avec humour, et une tête de Breton — breton de Serbie, mais breton. Le chien veille. La lune fait le reste.
Tôt matin, cachée dans la grange,
Au milieu des nattes dorées,
La chienne avait mis bas sept chiots,
Sept chiots tout roux bien alignés.Et jusqu’au soir même, sa langue
Les caressait et les coiffait :
Comme un ruisseau de neige tendre
Sous son ventre chaud s’écoulait.Mais à l’heure où toutes les poules s les poules
Se sont figées sur leur perchoir,
Le maître vint et dans un sac
Mit les sept chiots, sans un regard.Dehors, parmi les tas de neige,
La chienne courait sur sa trace…
Longtemps, longtemps l’eau vive encore
En a tremblé dessous la glace.Et lorsqu’elle rentra fourbue,
Léchant la sueur de ses flancs,
La lune au-dessus de l’isba
Semblait être un de ses enfants.Alors, vers les hauteurs bleu sombre
Elle a gémi, scrutant l’abîme,
Mais la lune mince glissait,
Bientôt happée par les collines.Et comme après l’amère aumône
D’une pierre jetée pour rire,
Sur la neige, en étoiles d’or,
Les yeux de chien se répandirent.