Oh Shit!

J’avais été immédiatement conquis par le style de Jacky Schwartzmann en découvrant Killing Me Softly : un humour décalé, parfois grinçant, un regard désabusé sur la société et une langue volontiers crue. J’étais donc impatient de me plonger dans un autre de ses romans. C’est désormais chose faite avec Shit !.

Le récit met en scène un conseiller principal d’éducation qui vit dans un immeuble d’un quartier sensible de Besançon — pour être moins politiquement correct, on pourrait dire franchement délabré — là même où il exerce. Par un concours de circonstances que je préfère ne pas dévoiler, l’appartement voisin du sien abrite un point de deal, et il se retrouve bientôt avec plusieurs dizaines de kilos de shit sur les bras. Il décide alors de jouer les Robin des Bois locaux. Mais, même animé des meilleures intentions, il doit faire face à la concurrence et aux dangers inhérents au métier de dealer.

J’ai retrouvé tout ce qui m’avait plu dans Killing Me Softly. À travers un récit drôle et rythmé, l’auteur dresse un portrait assez juste de la vie dans des quartiers laissés pour compte, où l’économie tourne largement autour du trafic de drogue. Il égratigne également, non sans une certaine caricature, le corps enseignant du secondaire. Quant au personnage principal, pourtant attachant, il n’échappe pas à ce regard acide : derrière ses bonnes intentions, il se révèle finalement moins humaniste qu’il ne le pense.

Sylvain Halgand

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